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APA et offres de prises en charge chez les patients parkinsoniens 25 juin, 2015

Posté par thierryperonmagnan dans : Enseignement,Maladie de Parkinson , trackback

La Société Française de Physiothérapie (kinésithérapie) met à disposition des praticiens concernés par la rééducation en neurologie une extension de son forum : Groupe d’Intérêt en Neurologie (inscription obligatoire). C’est dans ce cadre qu’un collègue pose la question de la place des APA (activités physiques adaptés) dans la prise en charge des patients parkinsoniens. Sujet sensible pour une partie de la profession qui voit avec une certaine « appréhension » les professeurs d’éducation physique et sportive s’emparer d’une partie de notre domaine d’activités. C’est aussi la question de la coordination des soins (ville/hôpital) et de l’offre de propositions de prises en charges adaptées que « nous » pouvons offrir. Plusieurs kinésithérapeutes livrent ensuite leur point de vue , voici ci-dessous ma réponse: 

Je suis ravis que ce sujet soit abordé, je veux parler du suivi ville/hôpital des patients neuro en général et parkinsoniens en particulier. Tous le monde est au courant de ce dysfonctionnement, alors que tous le monde souhaite des soins spécialisés ou, pour le moins, éclairés (ministère, ars, sociétés savantes, associations de patients). Nous ne sommes pas non plus les seuls en France à faire ce constat, je vous invite à lire le guideline européen (avec la participation de SFP et de FFMKR), il est question notamment des freins à une prise en charge optimum des soins pour cette catégorie de patient par les kinésithérapeutes. Voici ci-dessous les principaux points recensés :

Le faible volume de patients traité:
Le volume médian annuel de patients traités était de moins de 4, soit entre 2 et 5 dans les différents pays. Il est indiqué que le volume annuel moyen pour maintenir ou améliorer son expertise dans la pec MP était de 10.
Limite des connaissances et compétences :
La majorité rapporte un manque de connaissance et de compétence : seuls 16% rapportent un haut niveau d’expertise, qui augmente à 26% quand le nombre de patients traités est ≥5
Début de la rééducation à un stade trop tardif:
33% se plaignent d’un retard de prise en charge (H&Y 3 et 4)
Contrainte / temps:
33% évoquent le rapport au temps = lenteur des patients (motrice, communication). La rééducation et l’évaluation requièrent plus de tps que les autres rééducations.
25% souhaitent une meilleure collaboration avec leur pairs / infos sur la maladie
Outils d’évaluation:
40% des experts avouent ne pas utiliser d’outils d’évaluation: par manque de tps 32%, par ignorance 29%, difficulté d’interprétation 25%, par manque d’outils 23% . Des outils non recommandés sur le guideline 2004 sont maintenant préconisés comme le Tinetti et le Berg
Le mode d’intervention:
Moins de 60% des MK appliquaient les stratégies cognitives et le réentrainement à l’effort. Dans la plupart des cas, seulement 50% se sentaient à l’aise pour les appliquer.

Voici donc pour eux les points à travailler auprès des kinés (ville+institution). Maintenant comment mettre en place un dispositif de formation adapté?

Je m’occupe en libéral de patients parkinsoniens depuis plus de 20 ans et depuis une dizaine d’années je ne traite quasiment que des patients extrapyramidaux. Je travaille également au CNR maladie de Wilson avec une équipe multidisciplinaire (informations et formation permanente sur le sujet). En 2014 j’ai suivi 60 patients différents, parkinsoniens ou syndromes, je me permets modestement de donner mon sentiment sur ce qui me paraîtrait utile d’entreprendre rapidement:

- Formation initiale et continue réalisées par des experts diplômés et reconnus
- Réseau de soins et d’expertise où les professionnels (médecins+kinés) connaîtraient aussi bien l’exercice institutionnel que le libéral, l’idéal étant d’avoir une activité mixte. Il faut une vraie proximité entre les prescripteurs et les MK.
- Intégrer davantage les associations de patients dans l’offre de soins (et pourquoi pas de formation) avec en relais le monde associatif (sport, gym, yoga, etc…).
- Je ne parle même pas de la revalorisation des honoraires qui actuellement ne favorise pas ce type de prise en charge.

Le problème des APA ne vient que combler un vide que nous laissons et qui ne me pose pas de problème personnellement. Les patients stade 1 et 2 ont impérativement besoins de voir un kiné expert pour l’approche de la maladie et l’éducation thérapeutique, 3 à 5 séances peuvent suffire, si le patient n’a pas de problème particulier et s’il n’est pas trop anxieux. Il faut ensuite l’orienter vers les milieux non médicalisés, sans rompre le lien et faire un « coaching filé » . Si le patient est « complexe » et lorsque la maladie évolue, il faut le suivre plus régulièrement dans une démarche « active » que nous connaissons, nous et nous seuls les kiné formés.
Les kinés libéraux peuvent donc suivre régulièrement des patients entre les stades 2 et 4 (5 à domicile), les soins en cabinet sont « contextualisés », le recours aux « stages intensifs » en centres est à encourager pour certains (mais pas pour tous!).

Pour finir (pour l’instant!) et ne pas être trop long, la reconnaissance « évidement » du statut d’expert (à définir) pour les kinésithérapeutes compétents est une nécessitée, ici comme ailleurs.

Commentaires»

  1. bjr. éducatrice à domicile, j’interviens depuis peu chez un monsieur atteint de la maladie de Parkinson. sa femme déplore le manque de kiné spécialisé. comment trouver un praticien capable de le prendre en charge sur Toulouse? merci

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