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Rééducation motrice et cognition / qualité de vie chez les patients MP 27 mars, 2017

Posté par thierryperonmagnan dans : Enseignement,Maladie de Parkinson , trackback

qualité de vieUne revue systématique des essais contrôlés randomisés a étudié les effets de la rééducation sur la qualité de vie des patients parkinsoniens modérément atteints. La visée rééducative, essentiellement active, est connue depuis longtemps maintenant, mais son association avec la dimension cognitive l’est un peu moins. A défaut de livrer l’article (copyright) j’ai traduit les principaux passages .

« Effets des programmes de réadaptation axés sur l’exercice physique sur la qualité de vie des patients atteints de la maladie de Parkinson: Une revue systématique des essais contrôlés randomisés

Franciele Cascaes da Silva, Rodrigo da Rosa Iop, Patrícia Domingos dos Santos, Lídia Mara Aguiar Bezerra de Melo, Paulo José Barbosa Gutierres Filho, and Rudney da Silva

Journal of Aging and Physical Activity, 2016, 24, 484 -496 http://dx.doi.org/10.1123/japa.2015-0162

© 2016 Human Kinetics, Inc. »

Résumé :

Cette étude a pour but de déterminer les effets de l’exercice physique sur la qualité de vie (QV) des patients au travers d’une revue de littérature systématique avec des essais contrôlés et randomisés. 14 études étaient potentiellement pertinentes ont été incluses. Les programmes de rééducation à base d’exercices physiques étaient réalisés 2 à 4 fois par semaine, chaque séance d’une durée de  60 min, pendant 6-12 semaines, avec un suivi à 3 mois. Les patients présentaient un stade légers à modérés et la durée de la maladie était autour de 6 ans.

Pour Aarsland et col, (2002) la dépression est le principal facteur d’une QV dégradée, suivi des chutes et des atteintes cognitives, puis les symptômes moteurs tels que la bradykinésie, la rigidité, le tremblement au repos, ainsi que l’instabilité posturale. Selon Reuther et col. (2007), les dimensions de la QV les plus compromises chez les personnes atteintes de MP sont les activités de la vie quotidienne, la mobilité, les émotions et l’inconfort physique. Tandis que les dimensions les moins touchées sont le soutien social et la stigmatisation (ce que ne disent pas les retours du livre blanc de l’association France Parkinson [noteTPM]).

Contexte:

La MP est une maladie incurable et dégénérative, qui entraîne des troubles moteurs et non moteurs dont une conséquence est les chutes. Les traitements visent à améliorer les symptômes et à ralentir la progression. Les différents traitements comprennent les médicaments, la chirurgie, et les changements de style de vie (Maciotta, Meregalli, & Torrente, 2013). La composante principale du changement de style de vie est l’exercice physique. Ainsi, les programmes de réadaptation basés sur l’exercice physique visent à améliorer les qualités physiques, réduire les symptômes neuropsychiatriques et améliorer la qualité de vie (Abrantes et al., 2012; Canning et al., 2009; Carvalho et al., 2015; Filippin, da Costa, & Mattioli, 2010). Toutefois, à ce jour, aucune étude systématique n’a évalué des programmes de réadaptation axés sur l’exercice physique et sur la qualité de vie chez les patients atteints de la MP. Cette étude princeps vise à déterminer les effets de programmes de rééducation sur la qualité de vie des patients MP comparativement au groupe témoin, à travers une revue systématique des essais cliniques randomisés. L’objectif secondaires étaient de vérifier quels étaient les instruments d’évaluation les plus utilisés pour évaluer la qualité de vie.

 Contenu et résultats des programmes :

Sur 396 articles étudiés, 14 ont été retenu. Les interventions comprenaient une grande variété de programmes comme, la danse, le Tai Chi, associé à un entraînement cognitif et moteur, renforcement musculaire, aérobic; des traitements conventionnels  et spécifiques pour la MP, des exercices d’assouplissement, d’équilibre, fonctionnel et aussi centrés sur les capacités cardiovasculaires. Dans 9 études les groupes contrôles recevaient également une rééducation conventionnelle pour patients MP, des exercices d’étirement, de renforcement, d’équilibre, de respiration et de contrôle postural. Dans la plupart des études les patients avaient 2 à 3 séances par semaine d’une durée de 40 à 45 mn sur une période de 6 à 64 semaines, avec un suivi variable de 3 à 24 mois. Le  questionnaire de la QV le plus utilisé était le Parkinson Disease Questionnaire-39 (PDQ-39). Les moyennes et les écarts-types de la QV totale,  scores (PDQ-39) (sur 10 études ), indiquent généralement que les programmes de réhabilitation favorisent le maintien ou l’amélioration de la QV des patients souffrant de MP, les études montrant un gain de qualité de vie de 3 à 9 points [0 = très bonne qualité de vie / 100= très mauvaise qualité de vie]. Canning et al. (2009) ont observé un effet important sur la QV après un suivi de 3 mois. Les patients étaient à un stade « moyen » sur l’échelle de H&Y à environ 6 années du diagnostic.

Discussion :

En principe les exercices basés sur des programme de rééducation permettent le maintien ou l’amélioration de la QV des patients MP. Les différentes approches qui ont montrées une amélioration de la qualité de vie sont les suivantes:

Il est bien reconnu depuis longtemps maintenant que les déterminants de la qualité de vie des patients parkinsoniens ne sont pas uniquement moteur. l’évolution de la maladie concerne d’autres dimensions de la QV, comme les troubles cognitifs (Carod-Artal, Vargas, Martinez-Martin, 2007; Martinez-Martin, Rodrigues-Blazquez, Kurtis, Chaudhuri, & NMSS Validation Group, 2011). Les troubles cognitifs sont l’une des déficiences les plus prégnante de la MP touchant entre 25-30% des patients précocement et 50% de manière significative après 3 ans de maladie (Muslimovic´ , Post, Speelman, De Haan, & Schmand, 2009).

Ainsi, compte tenu de l’importance relative de la déficience cognitive, il y a un intérêt certain à identifier le profil des patients « cognitifs », à identifier des interventions thérapeutiques spécifiques et appropriées. (McKinlay, Grace, Dalrymple-Alford, & Roger, 2010).

Une revue de la littérature récente a observé l’efficacité de plusieurs interventions cognitives auprès de patients parkinsoniens entre 2000 et 2011, Constatant que 4 études cliniques portaient sur l’exercice et la kinésithérapie et que 4 impliquaient une thérapie combinée ciblée (exercices cognitifs et physiothérapie) (Hindle, Petrelli, Clare et Kalbe, 2013). Dans cette revue, au moins 3 études ont porté sur des interventions motrices associées à une approche cognitive. L’analyse de la taille de l’effet de 6 études a révélé de faibles effets sur l’amélioration de la qualité de vie dans 5 études. Pour Cholewa et al. (2013), dans laquelle la kinésithérapie a été réalisée 2 fois par semaine, avec des séances de 60 min sur 12 semaines, des effets importants sur la qualité de vie ont été observés.

Dans une revue systématique portant sur 4 études, Shu et al. (2014) n’ont pas trouvé d’amélioration significative de la qualité de vie des patients parkinsoniens dans la pratique d’exercices aérobiques comparativement à dans d’autres thérapies, comme des exercices respiratoires, d’équilibre, d’assouplissement, de relaxation, de renforcement, ou de conseils pour pratiquer régulièrement une activité physique.

Une méta-analyse n’a révélé aucun effet significatif de l’exercice aérobie sur la qualité de vie. De même, dans une méta-analyse, Tomlinson et al. (2013) ont évalué l’efficacité de l’intervention en kinésithérapie, comparativement à l’absence d’intervention chez les patients atteints de MP, et ont conclu qu’il n’y avait pas de différence de QV (PDQ-39) après l’intervention en kinésithérapie.

D’autres études ont observé une amélioration de la QV attribuable aux interventions fondées sur l’exercice physique (Goodwin, Richards, Taylor, Taylor et Campbell, 2008; Roy & Roy, 2012; Herman, Giladi, & Hausdorff, 2009). En ce qui concerne l’exercice de résistance, un examen systématique par Brienesse et Emerson (2013) la formation en résistance (y compris l’amélioration de la résistance et de la fonctionnalité) a été efficace pour traiter la MP. Cependant, la QV n’a pas été analysée, ce qui suggère la nécessité d’études évaluant l’effet de cette intervention sur la QV.

Les résultats de ces études peuvent être attribuées à la variabilité des durées des protocoles (3-64 semaines) et a des données insuffisantes affectant le suivi.

En 2004, Keus et al. ont publié le premier consensus de recommandations de kinésithérapie  fondée sur la preuve pour les patients MP. Une période de 4 semaines était recommandée pour améliorer l’aspect fonctionnel, et au moins 8 semaines pour améliorer les capacités physiques (Keus et al., 2004). Cependant il n’y a pas de recommandation pour la QV. En se basant sur les résultats de ces études on peut suggérer que les interventions de plus de 12 semaines doivent être insuffisantes pour obtenir un changement significatif de la QV.

5 études ont rapporté des observations de QV de suivi chez des patients atteints de MP (Bräuninger, 2012, Canning et al., 2012, Corcos et al., 2013, Van Nimwegen et al., 2013). La durée de suivi variait de 3 à 24 mois.

En ce qui concerne le suivi, Keus et al. (2007) et Tomlinson et al. (2013) ont recommandé la surveillance pendant au moins six mois. Ainsi, le suivi peut aider à comprendre les avantages de la rééducation basée sur l’exercice physique dans la MP, déterminer la durée de ces avantages et améliorer la mise en œuvre d’interventions efficaces dans la pratique clinique. L’étude de Canning et al. (2012), comprenait un suivi de 3 mois et observait un effet important sur la qualité de vie. Ce résultat peut être lié au nombre de séances hebdomadaires et à la durée du programme (4 séances hebdomadaires / 30-40 min), ce qui est considéré comme une rééducation intensive (Shu et al., 2014) (entraînement physique De 2 à 4 h par semaine, pendant 6 à 14 semaines).

Outre les spécificités de chaque programme de réadaptation, le maintien et / ou l’amélioration de la QV chez les patients souffrant de MP peut être attribuée à l’effet physiologique de l’exercice sur la dopamine, car l’exercice peut influer la production endogène de dopamine et sa libération chez les patients souffrant de MP. Augmentation de la neurotransmission dopaminergique (Meeusen, 2005; Ouchi et al., 2001). La dopamine est également impliquée dans le contrôle de l’humeur, ce qui peut être lié à une meilleure perception de la QV chez les patients.

L’outil le plus couramment utilisé pour évaluer la QV chez les patients atteints de la MP est le PDQ-39. Le PDQ-39 a été développé par le Département de santé publique de l’Université d’Oxford en Angleterre en 1995 sur la base d’entretiens avec des individus atteints de la MP et est partiellement basé sur le SF-36, un questionnaire générique pour évaluer divers aspects de l’état de santé (Ware & Gandek , 1994). Le PDQ-39 est considéré comme l’outil le plus approprié pour évaluer la QV chez le patient, car il présente une bonne fiabilité, validité, réactivité et reproductibilité (Jenkinson, Fitzpatrick, Peto, Greenhall, & Hyman, 1997; Peto, Jenkinson, & Fitzpatrick, 1998; Peto, Jenkinson, Fitzpatrick, & Greenhall, 1995).

Cet outil a été validé dans plusieurs pays et utilisé dans des études transculturelles (Jenkinson, Heffernan, Doll et Fitzpatrick, 2006, Marinus, Ramaker, van Hilten et Stiggelbout, 2002). La version brésilienne du PDQ-39 est une mesure fiable et valide pour les patients atteints de SP (sclérose en plaque) au Brésil (Carod-Artal, Martinez-Martin, & Vargas, 2007). La plupart des études admissibles ont une bonne qualité méthodologique basée sur le score PEDro, ce qui suggère que les données présentées sont fiables. Cependant, ces résultats doivent être interprétés avec prudence. La grande hétérogénéité des programmes de réadaptation a empêché le consensus sur le meilleur type d’exercice, la fréquence ou l’intensité de l’intervention pour améliorer la QV des patients atteints de la MP.

Conclusions:

Grâce à cette revue systématique des ERC (Essais randomisés contrôlés), nous avons constaté que les programmes de rééducation axés sur les exercices physiques ont des effets positifs et significatifs sur la qualité de vie chez les patients atteints de la MP, à un stade léger, chez les patients atteints depuis environ 6 ans. Les approches rééducatives incluant les contractions excentriques du quadriceps à haute intensité; la stimulation cognitive associée à la stimulation motrice et aux préconisations concernant l’activité physique, la prévention des chutes; les programmes de rééducation à domicile semi-surveillés; des exercices de résistance avec une résistance progressive et une kinésithérapie ont été efficaces. Cette ensemble de contenu a eu des effets importants sur la QV à condition d’être pratiqué avec des séances de kinésithérapie d’une durée d’environ 60 minutes, 2-4 fois par semaine, de 6 à 12 semaines et 3 mois de suivi .

Recommandations:

En raison des caractéristiques chroniques et progressives de la MP et de leur impact négatif sur la QV, de nouveaux ECR devraient être conduites pour déterminer le type de programme de rééducation basé sur l’exercice physique, la fréquence idéale, la durée des séances, l’intensité et son déroulement dans le temps, avec un suivi adéquat pour obtenir et maintenir les gains, et quelles relations lient les programmes de rééducation et la QV chez les patients atteints de la MP. Un nombre suffisant de participants permettrait de détecter une différence statistiquement significative, une randomisation à des groupes et une étude en aveugle. En outre, les participants étaient au stade léger de la maladie (Hohen et Yahr), ce qui démontre la nécessité d’étudier les différents stades de la maladie.

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